Elle vise à assurer l’approvisionnement correct du pays en produits de grande consommation à des prix accessibles et couvrira la période du 8 mai au 8 août 2012.
L’approvisionnement correct du pays en produits de grande consommation, reste une grande préoccupation la veille du mois de Ramadan dans notre pays. En effet, chaque année, à l'approche du mois béni, les consommateurs renouent avec l’angoisse de voir la pénurie s’installer, entrainant une hausse démesurée des prix des produits de première nécessité.
Malheureusement pour eux, cette année s’annonce particulièrement difficile voire critique pour notre pays qui fait face à une crise sécuritaire et politico institutionnelle sans précédent. Cette situation aggrave naturellement la crise alimentaire provoquée par la mauvaise pluviométrie de l’année passée. Avant le coup d’ Etat intervenu le 22 mars, les autorités avaient lancé une opération d’exonération consistant à accorder des abattements fiscaux aux importateurs de riz, de sucre et de maïs.
Le gouvernement de transition entend appuyer la mesure. Après l’annonce par le Premier ministre Cheick Modibo Diarra d’exonérations sur les produits de grande consommation (riz et sucre), le ministre en charge du Commerce, Ahmadou Touré, a rencontré vendredi, les importateurs, les grossistes, les détaillants, les agents techniques du département. Les échanges ont porté sur l’approvisionnement correct du pays en produits de consommation et surtout la fixation de prix accessibles aux consommateurs.
Il faut rappeler que la formule avait bien fonctionné l’année dernière car les prix des produits de grande consommation étaient restés stables durant le mois de Ramadan. Soucieux de maintenir cette stabilité sur le marché cette année, le nouveau responsable du département du Commerce a invité tous les acteurs du secteur à s’impliquer pour la réussite des opérations. En introduisant les discussions, il expliquera: « J’ai reçu les orientations pour les actions prioritaires à mener et qui portent principalement sur l’approvisionnement correct et régulier du pays en denrées de première nécessité, la maîtrise des prix à un niveau compatible avec le pouvoir d’achat des Maliens. Car cette question est une priorité du gouvernement et bénéficie d’un suivi très particulier du Premier ministre. Ces orientations doivent constituer la trame de fond de notre action commune pour la période à venir ».
Chargée de donner un aperçu des stocks disponibles, la direction nationale du commerce et de la concurrence a présenté une situation peu rassurante. En effet, pour la semaine du 28 mai au 2 juin, les stocks sous douane sont de l’ordre de 4.700 tonnes. Quant aux stocks aux ports, ils avoisinent 77.776 tonnes. Cependant, les offres de riz sur les marchés ruraux s’élèvent à 193 tonnes. Ainsi, les stocks sur le territoire national sont estimés à 18.953 tonnes contre 48.971 tonnes il y a un mois soit une consommation de 9 jours. Le stock potentiel de riz est estimé à 96.706 tonnes soit près de deux semaines de consommation.
Le prix évolue en fonction de l’offre et de la demande, surtout dans les zones de production. Ainsi, dans la zone de l’Office du Niger et de l’Office riz Ségou, les prix sur les marchés ruraux se chiffrent entre 350 et 400 Fcfa. Sur les marchés de consommation de la capitale, les différentes catégories de riz importé ont été vendues entre 450 et 500 Fcfa/kg. Mais le prix moyen du riz, toutes catégories confondues, est passé à 475 Fcfa/kg.
Contrairement au riz, les stocks de sucre affichent une certaine stabilité. Il existe 1.248 tonnes de sucre sous douane cette semaine. Les stocks aux ports de transit sont estimés à 19.551 tonnes. Ainsi, les stocks sur le territoire national sont de l’ordre de 35.484 tonnes dont 15.555 tonnes au niveau de Sukala S.A soit près de deux mois de consommation nationale. Le sucre est ainsi vendu entre 525 et 600 Fcfa/kg et le prix moyen est à 573 Fcfa/kg à travers le pays.
Quant à l’huile alimentaire, elle est source d’inquiétude pendant cette période. Ce produit est importé par seulement quelques opérateurs. Les stocks disponibles sur le territoire couvrent près d’un mois de consommation pour une quantité de 7.304 tonnes. Le prix de l’huile reste compris entre 800 et 900 Fcfa/litre selon les localités. Pour ce qui concerne le blé, la situation semble rassurante. En effet, le stock sur le territoire est estimé à 10.342 tonnes couvrant 99 jours de besoins.
Après avoir pris connaissance de ces niveaux de stocks, le département du commerce a invité les importateurs à accélérer les opérations d’importations, particulièrement sur le riz et le sucre, pour mettre le pays à l’abri de toute pénurie. Cependant, les importateurs ont jugé trop courte la période du 8 mai au 8 août 2012 pour la durée de l’opération d’exonération. Ils ont invoqué à l’appui à leurs propos des contraintes liées au marché de l’importation. Le ministre Ahmadou Touré leur a demandé de faire des sacrifices pour le pays qui fait face à une situation socioéconomique sans précédent.
Des réunions prévues dans les jours à venir, permettront sans doute d’affiner les détails de l’opération d’exonérations.
Par l’ ESSOR