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Lutte, tournois de la CEDEAO : QUATRE MEDAILLES POUR LA SELECTION NATIONALE

Partis dans l’anonymat au Niger et au Sénégal, le multiple champion du Mali, Hamidou Traoré et ses coéquipiers ont fait honneur aux couleurs nationales par leur belle prestation face à l’élite de la sous-région ouest-africaine.

« Je me souviendrai longtemps des tournois CEDEAO de cette année. La lutte malienne a vécu un moment historique au Niger et au Sénégal ». Ces propos du président de la Fédération malienne de lutte amateur (FMLA) Ibréhima Sacko traduisent parfaitement le soulagement et la fierté du monde de la lutte nationale après la belle prestation de nos lutteurs aux deux tournois de la CEDEAO qui se sont déroulés à Niamey et à Dakar. Alors que les rumeurs les plus folles circulaient sur l’incapacité de notre pays à honorer ses engagements sur l’échiquier international en raison de la crise qui secoue le Nord Mali depuis janvier et qui a poussé la FIFA à délocaliser le match Mali-Algérie de la deuxième journée des éliminatoires du Mondial 2014, la Fédération malienne de lutte amateur et ses partenaires ont surpris tout le monde en envoyant deux sélections nationales au Niger et au Sénégal pour défendre les couleurs nationales.

« Pour nous c’était une question d’honneur, souligne avec force Ibréhima Sacko. Il fallait prouver au monde entier que le Mali reste débout malgré la crise ». Selon le premier responsable de la Fédération malienne de lutte amateur, personne ne s’attendait à voir le Mali participer aux deux rendez-vous de cette année, à fortiori voir un lutteur de notre pays sur le podium. « Il y a eu beaucoup de difficultés dans la préparation de l’équipe qui a coïncidé avec les événements de mars, explique le président de la fédération. Mais malgré ces difficultés, nous avons effectué le voyage de Niamey avec cinq lutteurs ». Et dès ce premier tournoi, les nôtres annonceront la couleur avec le champion du Mali en titre, Hamidou Traoré dit Tout Le temps et Saïbou Traoré qui décroche chacun la médaille de bronze. « Ce qui m’a le plus émerveillé à Niamey, c’est l’esprit patriotique de nos combattants. Ils étaient fiers de défendre les couleurs nationales et tous avaient à cœur de rehausser l’image du Mali », souligne Ibréhima Sacko.

Cette volonté de faire honneur au drapeau national et la fierté de porter le maillot national seront également un facteur déterminant dans le parcours de nos mousquetaires au tournoi de Dakar. A l’image d’Abdoulaye Sanogo, un jeune lutteur expatrié (il réside au Sénégal depuis plusieurs années) qui a décidé d’enfiler le maillot national, tous les lutteurs maliens ont donné le meilleur d’eux-mêmes face à l’élite de la sous-région ouest-africaine. Et si tous n’ont pas réussi à se hisser sur le podium, ce n’est pas faute d’avoir essayé, mais tout simplement parce qu’ils sont tombés sur des adversaires plus aguerris et mieux préparés. A Dakar, la sélection nationale a terminé 4è du classement général derrière le Sénégal, le Niger et le Nigeria avec en prime, deux médailles de bronze remportées par Abdoulaye Sanogo (100kg) et Fatogoma Bamba (85kg). Un résultat d’autant plus flatteur pour notre pays, que tous les pays de la CEDEAO étaient présents dans la capitale sénégalaise. « Au Sénégal, comme au Niger, on voulait envoyer un message au reste du monde : que le Mali est un et indivisible et que nous sommes fiers d’être Maliens », insiste Ibréhima Sacko qui témoigne sa reconnaissance à tous les partenaires de la fédération qui ont contribué à la participation de nos lutteurs à ces deux tournois.

Il s’agit notamment du Comité national olympique et sportif (CNOS), de Sotelma-Malitel, de l’Agence nationale pour la sécurité routière (ANASER) et de Toguna Agro-industrie. « Tous ces partenaires se sont mobilisés parce que c’est l’image du Mali qui était en jeu », dira Ibréhima Sacko qui a financé de sa poche le stage de préparation effectué au Sénégal par l’équipe nationale (location d’un appartement, nourriture et autres). Le Mali regorge de talents et le nombre de pratiquants de lutte augmente chaque année, indique le président de la fédération. Certes, notre pays est encore loin des 30.000 licenciés que comptent le Sénégal et le Niger ou encore des 10.000 du Nigeria, mais la fédération est fière de contribuer à la lutte contre la délinquance juvénile à travers la création d’écuries.

Grand passionné de lutte, Ibréhima Sacko dira que la fédération ambitionne de créer une ou des écuries dans toutes les Communes du District et dans l’ensemble des grandes villes du pays. La lutte est l’une des rares sinon la seule discipline que le Mali n’a pas importée, fait remarquer le premier responsable de la fédération. Il n y a aucune raison que cette discipline reste à la traîne dans notre pays, estime le président Sacko. D’ores et déjà, ce dernier s’attend à voir de nouvelles écuries participer au prochain grand rendez-vous de la lutte, le Challenge Sotelma-Malitel prévu fin septembre.

Ce drapeau sera ouvert à toutes les écuries du pays, tout comme celui de Toguna Agro-industrie qui se disputera en octobre. Rendez-vous est donc pris…

S B TOUNKARA

 

 
 

Monsieur Hameye Founé MAHALMADANE

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