La Commission nationale d’observation du croissant lunaire était convoquée, hier soir, par le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de l’Aménagement du territoire (MATDAT) pour scruter le ciel aux fins de déterminer le début du jeûne musulman dans notre pays.
Les commissions locales ont été appelées à siéger dans les régions, les cercles et les communes de l’intérieur dans le même dessein. Dans les zones septentrionales occupées par des bandits armés, en lieu et place des administrateurs de l’Etat, il a été demandé aux imams et érudits affiliés au Haut conseil islamique de coordonner le travail de la Commission dans leurs localités respectives. Une correspondance a été adressée au Haut conseil dans ce sens. À la différence des précédentes éditions, cette année toutes les dispositions ont été prises pour que les fidèles s’accordent sur une même date.
Il y a deux ans, l’entame du carême avait fait l’objet d’une grande polémique entre certains responsables religieux et la Commission nationale d’observation du croissant lunaire. La discorde née de cette polémique avait créé un grand malaise au sein de la communauté musulmane. C’est pour mettre fin à ce genre de situations que le département de l’Administration territoriale a organisé, en juillet 2011, un Forum sur l’uniformisation des dates des fêtes musulmanes et du début du mois de Ramadan et le renforcement de la cohésion entre les musulmans.
Les décisions innovantes issues de cette rencontre ont permis d’obtenir une identité de vue sur les grandes questions qui mettent en mal la cohésion au sein de la communauté musulmane. Elles ont permis de gommer un peu les querelles d’écoles au sein de cette communauté. À cette occasion, il avait été décidé de changer la fréquence des réunions de la Commission. Désormais, les réunions sont mensuelles et non à l’occasion des événements. Ainsi, sur convocation de l’autorité de tutelle, notamment le ministre ou son représentant au niveau national, les gouverneurs, les préfets, les sous-préfets et les maires au niveau local, la commission se réunit. L’ordre du jour est laissé à l’initiative de ses membres.
Il a été décidé de réserver la primeur de l’information à l’Office des radios et de télévisions du Mali (ORTM). Pour la mise en œuvre effective de cette décision, il a été demandé aux promoteurs des autres organes de presse privée de s’y conformer. L’objectif étant d’éviter la cacophonie dans la diffusion de l’information et maintenir la cohésion dans les rangs des fidèles musulmans.
La nouvelle approche vise, non seulement à permettre aux ulémas de suivre l’évolution de la lune durant les 12 mois de l’année, mais d’harmoniser leur position afin de dégager une identité de vue sur toutes les décisions concernant un événement religieux musulman au Mali. Les résultats obtenus depuis l’année dernière dénotent toute la pertinence du Forum, a ajouté Mamadou Koné, le chef de la Division des affaires religieuses à la Direction nationale de l’Intérieur.
La Commission nationale est composée des représentants du MATDAT (un conseiller technique, le directeur national de l’Intérieur et son adjoint, le directeur de la Maison du Hadj), les représentants du Haut conseil islamique, les représentants des Directions générales de la Gendarmerie nationale et de la Police nationale, les représentants de l’ORTM, les représentants de la Direction générale de la SOTELMA, de l’Institut géographique du Mali (IGM)et du Groupe patronal de la presse écrite au Mali.
Par l’ESSOR



