Les députés ont examiné et adopté à l’unanimité hier deux résolutions condamnant les deux événements. Les députés se mobilisent contre la déclaration d’indépendance faite par le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) le 6 avril dernier sur une partie du territoire national et contre, aussi, les arrestations de personnalités opérées ces jours derniers. La séance plénière d’hier a ainsi enregistré l’examen et l’adoption de résolutions sur ces deux évènements.
Ainsi c’est à l’unanimité des 121 députés ayant pris part au vote que les élus ont adopté un projet de résolution sur la déclaration d’indépendance d’une partie du territoire national par le Mouvement national de libération de l’Azawad. Le texte « condamne avec la dernière rigueur la proclamation par le MNLA de la création d’un Etat dénommé Azawad sur une partie du territoire de la République du Mali, déclare nulle et non avenue la prétendue indépendance et réaffirme que le Mali est une République indépendante, souveraine laïque et sociale ». Aussi l’Assemblée nationale lance un appel aux mouvements rebelles, afin qu’ils déposent les armes et se retirent immédiatement de toutes les zones occupées. Tout en dénonçant les soutiens dont ils bénéficient et l’utilisation de certains médias étrangers dont ils se servent pour s’arroger le droit de parler au nom de toute une communauté, les députés exhortent les populations à ne pas faire l’amalgame entre rebelles et Touaregs.
La représentation nationale se félicite de la promptitude avec laquelle la communauté internationale a condamné cette déclaration d’indépendance et engage les forces armées et de sécurité à se déployer sans délai sur les théâtres d’opération pour recouvrer l’intégrité du territoire. La résolution salue le sursaut national en faveur de l’armée, exhorte la CEDEAO à poursuivre ses efforts pour permettre à notre pays de recouvrer son intégrité territoriale, à sécuriser notre espace commun et se félicite de la déclaration sans équivoque du Conseil de sécurité de l’ONU exigeant le respect de l’intégrité territoriale de la République du Mali. Auparavant la déclaration avait fait constater la nécessité de préserver l’unicité de la République du Mali dans les frontières de 1960, l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation et souligné que notre pays résultait d’un brassage séculaire. Le caractère récurrent des rébellions touarègues, la rencontre entre des élus et des membres du MNLA, la composition ethnique du nord, le fait que tous les Touaregs ne sont pas rebelles et l’attachement des populations des populations du nord à l’unité du pays, ont été rappelés.
La seconde résolution était relative à l’arrestation des députés Ibrahima Dianessy (libéré depuis) et Kassoum Tapo, ainsi que de plusieurs personnalités. Les députés condamnent « avec la dernière rigueur l’arrestation arbitraire et illégale de membres de l’Assemblée nationale et des personnalités civiles et militaires ». Ils disent prendre acte de la libération de Ibrahima Dianessy et rappellent que Me Kassoum Tapo est membre du bureau de l’Union interparlementaire chargée de la défense des droits des parlementaires dans le monde. La déclaration rappelle que « le Mali est un Etat de droit, qu’aucune arrestation et détention ne devraient intervenir en violation de la loi ». Les élus dénoncent donc « cette situation de voie de fait » qui va « à l’encontre de la dynamique de dialogue et de paix enclenchée depuis la mise en oeuvre de l’accord-cadre » CEDEAO-CNRDRE. Les élus se disent profondément attachés à l’Etat de droit. A ce titre, ils réclament « la libération immédiate » de Kassoum Tapo ainsi que de « toutes les personnalités civiles et militaires détenues arbitrairement à Kati ».
La CEDEAO, l’Union africaine et les Nations unies sont invitées à soutenir le Mali, afin que les institutions restaurées jouent pleinement leur rôle dans toute leur plénitude. Le texte rappelle qu’une implication de la classe politique, de la société civile et de la CEDEAO avaient permis un retour à l’ordre constitutionnel et le fonctionnement régulier des institutions de la République après le coup d’Etat du 22 mars. La signature de l’accord-cadre, l’investiture de Dioncounda Traoré comme président par intérim avaient suscité un espoir. Des élus ont demandé, lors de la séance, de se préparer à d’autres actions si les détenus ne sont pas rapidement libérés, comme l’éventualité pour des députés de se constituer prisonniers à Kati. Pour eux l’urgence aujourd’hui, est le nord. Ce texte a été adopté à l’unanimité des 111 votants.
Par l’ESSOR



