Primature : Portail Officiel du Gouvernement

Situation alimentaire dans le Sahel : OXFAM GRANDE BRETAGNE APPELLE A AGIR VITE

L’ONG n’estime que la perspective d’une crise alimentaire ne fait plus l’ombre d’un doute. Elle demande en conséquence une réponse rapide et donne l’exemple.


La sécheresse pourrait se muer en catastrophe pour 13 millions de personnes si aucune action n’est entreprise en Afrique de l’Ouest et du Centre. L’avertissement est de l’ONG Oxfam Grande Bretagne dont la directrice internationale, Mme Penny Lawrence, était en visite la semaine dernière dans notre pays. L’objectif de cette visite de la patronne de l’ONG était de jauger la situation humanitaire dans la sous-région.

Au cours de sa visite, Mme Penny Lawrence a été reçue en audience par le président de la République, Amadou Toumani Touré. Elle a rencontré et discuté également avec les acteurs clés sur la flexibilité des programmes de base de l’ONG pour une prise en charge des appuis aux communautés en périodes de pénuries alimentaires aigues et pour débattra avec eux des leçons apprises de la gestion de la dernière crise alimentaire dans la Corne de l’Afrique afin d’aider à la planification des stratégies de réponses au Sahel.

Vendredi dernier, les responsables de l’ONG étaient face à la presse pour évoquer cette visite de la directrice internationale et surtout faire le point de la situation de la crise alimentaire aussi bien dans notre pays que dans le reste de la sous-région. Cette rencontre avec la presse était animée par la directrice internationale d’Oxfam GB, Mme Penny Lawrence. C’était en présence de ses collaborateurs, notamment le directeur régional d’Oxfam GB pour l’Afrique de l’Est, Francisco Equiza, du coordinateur en prévention et en réponse humanitaire, Francesco Rigamonti, et du directeur national d’Oxfam GB au Mali, Eric Mamboue.

UNE REGION ECOLOGIQUEMENT FRAGILE. Selon les responsables d’Oxfam GB, la situation de crise alimentaire est plus qu’une urgence. 2012 sera une année très difficile, juge Penny Lawrence. Cela est d’autant plus réel que de nombreux pays de la région du Sahel sont confrontés, une fois encore à une grave crise alimentaire. La situation menace la vie et les moyens d’existence de 13 millions de personnes. En effet, le Sahel est une région écologiquement fragile dans laquelle, y compris au cours d’une année normale, 50% des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique.

Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) estimait récemment le nombre d’enfants malnutris à plus de 2 millions, parmi lesquels 1,02 millions souffrent de malnutrition aigue sévère. La mauvaise pluviométrie de 2011, aggravée par les attaques d’oiseaux, de criquets et de parasites, a conduit à un déficit de production agricole, à un manque de pâturage et à de faibles niveaux de mares et cours d’eau. Cette situation, conjuguée à la hausse des prix de denrées alimentaires, n’offre malheureusement pas de perspectives meilleures en matière de sécurité alimentaire, relève Mme Penny Lawrence.
Par ailleurs, la production céréalière dans la région du Sahel connaît dans son ensemble, une baisse de 25% en 2011 par rapport à l’année d’avant. Résultat : la région enregistre un déficit brut de 2,5 millions de tonnes. Dans certaines zones, notamment en Mauritanie et au Tchad, la baisse est d’environ de 50% sur la même période. Inéluctablement, les prix ont donc grimpé dans la plupart des pays de la zone. Naturellement, notre pays qui traverse une période difficile liée aux agissements de bandits armés au Nord, ne fait pas exception. Selon le directeur national Mali de Oxfam GB, Eric Mamboue, les attaques armées dans cette partie du pays ont déplacé environ 160 000 personnes. Plus de la moitié de cette population a passé la frontière avec le Burkina Faso, le Niger ou la Mauritanie.

De son point de vue, la perspective d’une crise alimentaire ne fait plus l’ombre d’un doute. Le responsable national de Oxfam GB distingue deux catégories de zones sous la menace d’une crise humanitaire : des zones à difficultés alimentaires et celles à difficultés économiques. Selon lui, il faudrait environ 110 milliards de Fcfa pour éviter une crise alimentaire dans notre pays. Le défi est donc énorme, mais pas au dessus des moyens du pays et de ses partenaires, soutient Eric Mamboue qui prône une réponse rapide à la crise.

« Il existe de toute évidence un besoin d’agir rapidement et d’agir sur le long terme si nous voulons à la fois protéger les populations face à la crise à venir et œuvrer sérieusement à la prévention de crises futures », a-t-il noté, avant de promettre que Oxfam GB ne ménagera aucun effort pour soulager les populations des aléas de l’insécurité alimentaire. L’ONG envisage de mobiliser plus de 5 milliards de Fcfa pour la cause.

PRISE DE CONSCIENCE. Selon Francisco Equiza, le directeur régional de Oxfam GB pour l’Afrique de l’Est, la situation de notre pays est meilleure par rapport à d’autres Etats concernés. « Le problème de gestion d’une crise alimentaire se résout avec de l’argent, mais encore faut-il que les gens aient conscience de la réalité. Au Mali, l’on constate cette prise de conscience aussi bien auprès des autorités que chez les populations et aussi dans les médias. Ce qui constitue une avancée significative dans la perspective d’une prévention de la crise alimentaire », estime Francisco Equiza, ajoutant que le plus important est de cerner et de circonscrire la menace le plutôt possible.

Oxfam GB travaille depuis plusieurs années aux côtés d’autres ONG et organisations de la société civile dans la prévention et la lutte contre l’insécurité alimentaire dans la région du Sahel. Elle a œuvré au renforcement de la résilience des communautés en s’attaquant aux causes de la vulnérabilité structurelle à l’aide de programmes de réduction des risques, d’adaptation au changement climatique et des programmes de renforcement des moyens d’existence à travers la fourniture de filets sociaux de sécurité.

L’ONG Oxfam GB est présente et active dans l’ensemble des pays touchés dans la région du Sahel. Dans ses interventions, elle a adapté ou renforcé les programmes existants en réponse à la crise à venir. Dans cette dynamique, elle a lancé de nouveaux programmes axés sur la sécurité alimentaire, les moyens d’existence et l’accès à l’eau potable et les bonnes pratiques en matière d’hygiène. Elle envisage cette année d’offrir son assistance humanitaire à plus de 1,1 million de personnes dans la bande sahélienne.

D’ores et déjà, l’ONG a offert un chèque de 5,5 millions de Fcfa au ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille. Ce geste s’inscrit dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la femme célébrée jeudi dernier. Le chèque a été remis par la directrice internationale d’Oxfam GB à Mme Diallo Maïmouna Coulibaly, chargée de mission audit ministère.

L'ESSOR, par L. DIARRA

 

 
 

 

Le Premier Ministre
Biographie
Discours
Agenda
Ecrire au Premier Ministre
Le Cabinet

 

Services
SGG
Cabinet Défense
Contrôl Général des Services Publics
Direction Nationale des Archives du Mali
Direction Administrative et Financière
Mission de Restructuration du Secteur Coton
Comité de Régulation de l'Energie et de l'Eau
Agence de Développement du Nord Mali
ENA
Le Gouvernement
Compostion du Gouvernement
Les Grands Dossiers
Agenda du Gouvernement
Annonces