Ce 26 avril sera lancée, à Sélingué, la semaine africaine de la vaccination. Elle s’accompagne d’une distribution de moustiquaires imprégnées.
Notre pays va lancer à partir de ce 26 avril à Sélingué une vaste campagne de vaccination intégrée à la lutte contre le paludisme. Il s'agit de la première Semaine africaine de vaccination, de distribution de moustiquaires imprégnées d'insecticides à longue durée et de la Semaine mondiale et nationale de lutte contre le paludisme. En prélude à cette campagne, le ministère de la Santé, en collaboration avec les partenaires techniques et financiers, a organisé mercredi dans les locaux du département, une conférence de presse sur la question. Celle-ci était animée par les docteurs Klénon Traoré, directeur du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), Albouhary Touré, chef de la section immunisation à la Direction nationale de la santé, Cheick Oumar Coulibaly de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Issaka Sagara et Mamadou Coulibaly de Malaria research and training center (MRTC), et Sixte Zigirumugabé de l'USAID figuraient également parmi les conférenciers.
Ils ont développé différents aspects liés à la vaccination notamment en termes de protection des enfants mais aussi de lutte contre le paludisme. Cette endémie majeure constitue un fréquent motif de consultation dans nos établissements de santé. Selon le système national d'information sanitaire plus de 1,6 million de cas cliniques de paludisme ont été enregistrés dans notre pays en 2009.
Le paludisme reste même la première cause de morbidité et de mortalité dans notre pays. Pour le circonscrire, les pouvoirs publics ont créé un Programme national de lutte contre le paludisme qui déploie des activités de prévention avec la distribution de moustiquaires imprégnées aux enfants et aux femmes enceintes mais aussi de renforcement des stratégies de prise en charge des cas.
Le Dr Klénon Traoré a noté que la disponibilité des moustiquaires imprégnées dans les ménages est passée de 56 % en 2006, à plus de 85 % en 2010. Aujourd'hui, plus de 63 % des femmes enceintes et 70 % des enfants dorment sous une moustiquaire imprégnée. Des progrès réels ont été enregistrés dans la lutte contre le paludisme au Mali. Les statistiques sur la baisse de la mortalité en attestent. Le directeur du PLNP a rappelé qu'entre 2006 et 2010, on est passé de 18 décès pour 1000 cas à 13 décès pour 1000 cas de paludisme.
La lutte contre le paludisme est axée sur des stratégies majeures de prévention et de prise en charge notamment l'utilisation de moustiquaires imprégnées, la prise en charge des cas par une combinaison thérapeutique à base d'artémisinine et la lutte antivectorielle. Cette dernière intègre la pulvérisation intra-domiciliaire (PID) menée dans sa phase pilote par RTI (l'organisation en charge de la PID) dans les cercles de Bla et Koulikoro. Elle s’étendra cette année au cercle de Barouéli.
À ce propos, Sixte Zigirumugabé sans donner d'indicateurs de mesure de l'efficacité de la pratique, a basé son analyse sur un constat simple : dans les cercles couverts, les établissements de santé enregistrent de moins en moins de cas de fièvre. Cheick Oumar Sissoko a conforté cette thèse par des statistiques de l'OMS : 168 millions d'individus ont été, en 2009, protégés du paludisme grâce à la pulvérisation intra-domiciliaire.
La question de la vaccination a aussi été débattue par les conférenciers. Albouhary Touré a précisé que la première semaine de vaccination vise à renforcer le plaidoyer en faveur de cette activité mais aussi à accélérer l'atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Elle est également destinée à faire un plaidoyer pour la mobilisation des ressources humaines et financières au profit de la vaccination. Rappelons que la vaccination permet d'immuniser les couches les plus vulnérables notamment les enfants et les femmes enceintes. Les spécialistes du Malaria research and training center ont surtout parlé de la recherche d’un vaccin contre le paludisme.
B. DOUMBIA
Journal l’Essor du vendredi 22 avril 2011



