L'accès à l'enseignement supérieur, l'offre de formations et les ressources humaines seront les principaux axes à emprunter par le convoi du ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique d'ici à 2015, afin de produire les résultats escomptés pour l'atteinte des objectifs dudit département, animé par le souci d'offrir un espace idéal en termes de pédagogie et de mieux-être aux étudiants et professeurs.
Telles ont été les préoccupations primordiales contenues dans la feuille de route de Mme Siby Ginette Bellegarde, qui animait un point de presse, jeudi 4 février, dans les locaux qu'elle gère. Ce document, présenté à la presse jeudi dernier, cadre avec la politique du département de l'Enseignement Supérieur et Recherche Scientifique, et a été validé par le Conseil des ministres du 23 décembre dernier. Mme Siby Ginette Bellegarde a enseigné que son contenu fut l'objet d'échanges et de débats menés avec ses partenaires et les acteurs de l'enseignement supérieur, avant qu’elle ne se lance dans l'application de certaines mesures et actions engagées avec les syndicats SNEC et SNESUP.
La ministre a fait un état des lieux de l'Enseignement Supérieur et Recherche Scientifique qui souffre essentiellement de problèmes d'ordre structurel, allant du déficit en personnel enseignant à la précarité des conditions de vie et de travail des enseignants; l'inadaptation de l'offre de formation à la demande économique et sociale; la croissance démesurée des effectifs étudiants; la faible intégration de l'ESR, l'absence d'un plan stratégique de recherche au plan national à l'insuffisance et la faible valorisation de production scientifique.
"Le trop plein d'étudiants existant par rapport aux infrastructures disponibles dénonce les conditions extrêmement difficiles des universitaires pour suivre correctement les cours, au sein d'amphithéâtres surabondés de bacheliers d'un niveau faible. A cela s'ajoutent la quasi inexistence de bibliothèques, dépourvues d'ouvrages, de documents de recherche et de thèses, en plus d’un déficit criard en personnel enseignant", a déploré la patronne du département de l'ESR, entourée de ses collaborateurs et du Recteur de l'université de Bamako, Pr Amadou Diallo.
"Ces incommodités que subissent les habitués de l'enseignement supérieur, durant toute l'année universitaire, annihilent toute vocation de l'étudiant, qui n'est plus attiré par la fonction enseignante", a regretté Ginette Bellegarde. Des constats plus que désobligeants qui ont amené la ministre et ses collaborateurs à revoir l'ensemble du système de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, à travers l'élaboration de ce document, qui s'est fixé comme principaux objectifs de renforcer l'utilité sociale et économique de l'ESR, en adaptant au maximum l'offre de formation et de recherche aux besoins actuels et à venir du Mali et en améliorant sa qualité; de réguler les flux d'étudiants entrant dans le supérieur, de manière à établir le meilleur compromis possible entre les besoins du marché de l'emploi, la demande sociale et les moyens mobilisables et, enfin, d’optimiser l'utilisation des moyens disponibles, en orientant le plus possible de ressources vers les dépenses pédagogiques et de recherche, ce qui conduira à limiter à un plafond acceptable les dépenses sociales et à utiliser au mieux les potentialités du secteur privé.
A côté de ces orientations, d'autres objectifs viendront étoffer la feuille de route afin d’en récolter les fruits: entreprendre une régionalisation de l'enseignement supérieur; moderniser les pratiques pédagogiques; valoriser la fonction enseignante et de recherche; favoriser le développement de l'enseignement supérieur privé; disposer d'un système d'aide sociale aux étudiants qui soit compatible avec le développement de son secteur et dynamiser la recherche scientifique, entre autres.
En ce qui concerne les stratégies et actions à mener, Mme Siby Ginette Bellegarde a posé les quelques jalons nécessaires à l'atteinte de ces objectifs: favoriser l'expression des forces de changement au sein du système; définir et mettre en œuvre une politique d'enseignement à distance; diffuser et la valoriser les résultats de la recherche et élaborer un plan de carrière plus attrayant. Pour produire les résultats envisagés, la politique d’'ESR sera conduite dans toutes ses dimensions: institutionnelle, organisationnelle, académique, sociale et budgétaire. "La réussite dépendra de la cohérence des décisions qui seront prises et des actions qui seront menées, conformément aux orientations", a fait savoir la ministre.
Freddy Matar SYLLA
Journal 22 septembre du lundi 08 février 10

