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DISCOURS DU PREMIER MINISTRE A L’OCCASION DE LA SIGNATURE DE L’ACCORD POLITIQUE 2 MAI 2019

Monsieur le Secrétaire général de la Présidence de la République,

Monsieur le Haut Représentant du Président de la République pour la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger,

Madame le ministre Secrétaire général du Gouvernement,

Mesdames, Messieurs les représentants des partis et regroupements politiques,

Messieurs les représentants des mouvements signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du Processus d’Alger,

Mesdames, Messieurs les représentants des partenaires techniques et financiers,

Messieurs les représentants des familles fondatrices de Bamako,

Messieurs les représentants de la coordination des chefs de quartiers de Bamako,

Messieurs les représentants du Haut Conseil islamique, de l’Eglise Catholique et des Eglises protestantes,

Mesdames et Messieurs les représentants de la société civile,

Mesdames et Messieurs les membres du Cabinet de la Primature,

Mesdames, Messieurs de la presse nationale et Internationale,

Honorables invités ;

C’est un immense plaisir et un honneur de vous accueillir ce matin pour la signature de l’Accord politique que nous négocions depuis plusieurs jours maintenant avec différents regroupements politiques. Peu importe le temps mis à échanger, l’important est d’arriver à un accord consensuel qui rassemble, car aujourd’hui plus que jamais, notre pays a besoin de rassembler ses fils et ses filles. Lorsque le Président de la République m’a accordé sa confiance, il a insisté sur la concertation, le dialogue et surtout l’écoute de toutes les sensibilités politiques. J’ai voulu aller vers tous, mais je n’y suis pas encore parvenu. Je reste cependant engagé à parler à chacun en utilisant les voies les plus appropriées. J’ai pris attache avec les regroupements politiques dont le Front pour la Sauvegarde de la Démocratie (FSD), l’alliance Ensemble pour le Mali (EPM) la Coalition des Forces patriotiques (COFOP), la Coalition malienne pour le Développement (CMD). Je voudrais cependant rassurer tous les autres partis et regroupements politiques, notamment les partis politiques non alignés, que nous accordons la même considération à tous les regroupements qui œuvrent pour un Mali démocratique, stable et prospère.  Toutes les sensibilités politiques de notre pays seront valorisées.

Honorables invités,

Mesdames et Messieurs,

L’occasion qui nous réunit aujourd’hui est d’une portée politique hautement significative. Notre pays traverse une crise très profonde depuis des années. En parler, déplorer les erreurs et les manquements, condamner les errements, pleurer nos morts d’Ogossagou, de Dioura, Guiré, Ménaka et d’ailleurs, est en soi un exorcisme. Mais nous ne pouvons juste conjurer le mauvais sort et transformer le pays comme par enchantement. Des actions courageuses sont donc nécessaires, tout autant que des sacrifices. Le Président de la République a la conscience la plus aiguë des défis qui attendent notre pays et de la nécessité de rassembler tous les fils au chevet de la mère-patrie. Il a voulu un accord politique avec l’ensemble de la classe politique en vue d’une collaboration plus volontariste dans la recherche des solutions à la crise qui secoue notre pays. L’objectif n’est point d’annihiler l’opposition politique- ce qui est d’ailleurs impossible- il ne s’agit pas non plus de créer les conditions d’un partage de gâteau comme aiment à le dire d’autres. Tout comme il ne s’agit pas de fuir les responsabilités qui sont les siennes, celles d’un Président démocratiquement élu, qui doit remplir sa fonction comme cela ressort du serment prêté devant la Cour Suprême le 4 octobre dernier.

Le Président de la République et moi-même, sommes convaincus que chacun, au-delà des différences d’opinion, des oppositions politiques, chacun, dis-je, peut contribuer à la recherche de solutions pour ramener la paix et la stabilité dans notre pays.  J’ai découvert que dans la langue chinoise, le mot crise est composé de deux vocables : danger et opportunité. Cela résume parfaitement la situation de notre pays. Il y a le danger que notre patrimoine commun s’effrite, que le Mali dont rêvaient les pères de l’indépendance se désagrège, car nos ennemis semblent remporter des victoires quand, même face à la mort et à la désolation dans le centre de notre pays, nous nous divisons davantage, vouons nos institutions aux gémonies, ridiculisons notre armée. Nos ennemis se nourrissent de notre division, de nos querelles de personnes, de nos intérêts partisans. Par contre, nous avons là, une opportunité unique de bâtir un Mali nouveau, un Mali fort, un Mali plus démocratique, un Mali prospère, un Mali où les communautés retrouveront la confiance ancestrale qu’elles avaient les unes en les autres ; un Mali où la prospérité profite à tous, un Mali véritablement uni où on ne parlerait plus ni du Nord, ni du Centre, ni du Sud, simplement de nos frères et sœurs, de nos villes, de nos campagnes où chacun se sentirait chez lui. C’est ce Mali que nous allons nous atteler à construire avec vous tous et j’ose espérer que l’accord politique que nous venons de signer, est la fondation sur laquelle nous bâtirons des relations nouvelles sans qu’un parti ou un regroupement se confonde en un autre, ou abandonne son idéologie au profit d’un autre. L’accord souhaite valoriser toutes les sensibilités politiques car, nous estimons que tous ceux qui sont présents à la présente cérémonie, ceux qui sont ailleurs, dans leurs bureaux, ceux qui sont au marché, les ouvriers sur les chantiers, les artisans dans leurs ateliers, le soldat qui se bat au front pour notre sécurité, etc. tous ont en commun une chose : le bonheurde notre pays. Oui, le Mali, c’est notre patrimoine commun ; nous ne devons, sous aucun prétexte le laisser détruire.

Mesdames et Messieurs,

Honorables invités,

Le Président de la République m’a chargé de former un gouvernement de mission. Je sais que beaucoup attendent impatiemment l’annonce de la liste des ministres ; et cette annonce ne tardera plus. Il était important que nous prenions le temps de consulter, d’écouter et procéder aux choix qui conviennent aux circonstances actuelles.

Le Président de la République par ma voix, invite tous les partis et regroupements de partis, à adhérer à l’accord politique de gouvernance qui est proposé ce matin. La cérémonie de ce matin n’est pas la seule opportunité pour y adhérer ; ceux qui ne sont pas présents, peuvent toujours marquer leur adhésion ultérieurement. L’accord n’est qu’un commencement, il ouvre le chantier bien plus grand de la recherche de la paix, des réformes politiques et institutionnelles et simplement, d’une meilleure gouvernance en perspective. Le Président de la République en est le garant et le gouvernement et moi-même, en seront les exécutants fidèles. Nous resterons debout sur les remparts et résolus de donner tout ce que nous avons à notre Mali.

Honorables invités,

Mesdames et Messieurs,

Avant de conclure, je voudrais remercier tous les responsables de partis politiques ici présents qui ont, pendant ces derniers jours, contribué à l’élaboration du texte de l’accord. Il y en a qui sont absents, mais leurs contributions écrites nous ont inspiré et nous avons, par endroits emprunté les textes qu’ils ont proposés.

Je voudrais particulièrement exprimer ma gratitude à Monsieur le Chef de file de l’opposition, l’honorable Soumaïla Cissé. Il m’a ouvert sa porte pour le dialogue et je ne doute nullement de la sincérité de son engagement pour un Mali stable et prospère. A travers lui, mes remerciements vont à l’ensemble des partis politiques de l’opposition. Une démocratie sans opposition n’en est pas une. Le futur gouvernement aura besoin que d’autres portent un œil critique sur ses actions, que d’autres puissent, à travers leurs critiques, que je souhaite positives, contribuer à la sortie de crise.

Mes remerciements vont également à l’endroit des autorités traditionnelles et religieuses, ainsi qu’à l’endroit des responsables de la société civile, à mes prédécesseurs au poste de Premier ministre qui ont bien voulu me parler et partager leurs perspectives sur les questions politiques de l’heure.

Je suis Serviteur de l’Etat, je vous demande à tous, de m’aider à bien servir notre pays. Je donne ici l’engagement que l’accord politique sera au cœur de mes actions et que nous pourrons l’enrichir à la suite du dialogue politique inclusif auquel l’ensemble de la classe politique, la société civile et la majorité des maliens souscrivent.

 

Merci de votre aimable attention.

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